La voiture électrique, chimère ou solution ?

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Alors que les ventes de voiture électriques et hybrides ont atteint un nouveau record au mois d’août dernier, avec 6% de part de marché, la voiture électrique est-elle aussi propre que ce qu’on en dit ?

Les promesses de la propulsion propre

Si la voiture électrique (hybride ou tout électrique) est porteuse de tellement d’espoir, c’est avant tout parce qu’elle permet  de se passer plus ou moins totalement de pétrole. Finies les émissions de gaz carboniques, oxydes d’azote, et autres particules fines ! Finie la fumée grise derrière le pot d’échappement ! En apparence, en tout cas. Car dans les faits, deux paramètres viennent noircir le tableau. D’abord, la production électrique. En remplaçant le pétrole par l’électricité, on déplace l’origine de l’énergie utilisée pour la propulsion. Mais reste à voir comment a été produite cette énergie : avec du charbon ? Du nucléaire ? De l’éolien ? La réponse à cette question tempère évidemment conséquemment le bilan écologique du véhicule.

Le second paramètre est lié à la batterie. Clé technologique du véhicule électrique, les batteries actuelles présentent de nombreuses limites. Très difficiles à recycler, leur production à grande échelle est très problématique. Dans le cas où les constructeurs s’en tiendraient à leurs prévisions de vente pour 2025, il faudrait multiplier la capacité de production de batteries par 25 en… 8 ans ! De plus, les métaux entrant dans la composition des batteries (Lithium, Cobalt) sont extrêmement polluant à extraire. Sans compter que leurs réserves sont souvent limitées et situés dans des sites naturels exceptionnels, comme le désert d’Uyuni pour le lithium.
 

Vers de nouveaux usages de la voiture ?

Pour autant, tout n’est pas à jeter dans la voiture électrique, bien au contraire. La nécessité de se séparer progressivement des véhicules thermiques nous invite à questionner profondément notre mobilité. A-t-on vraiment besoin d’une voiture individuelle ? La tendance actuelle ne nous mènerait-elle pas à une généralisation des véhicules partagés (libre service, services type uber) ?

Dans ce cas, avec la réduction de taille du parc automobile consécutive, la généralisation du véhicule électrique parait bien plus pertinente et soutenable.

En tout cas, la transition vers le véhicule électrique semble bien amorcée. La Loi de transition énergétique, publiée en aout 2015, impose des quotas de véhicules électriques pour toutes les entités dépendantes de l’Etat, ainsi que le pré-équipement en infrastructures de recharges pour toute construction ou rénovation de parking à partir de janvier 2017.

Désormais, à nous de profiter de ce saut en avant technologique pour rendre véritablement durable notre mobilité.