Réduire son empreinte carbone sans modifier profondément sa vie

Une trentaine de familles françaises ont accepté de servir de témoins pour montrer qu'il était possible de réduire l'empreinte carbone d'une famille sans que cela soit ressenti comme une contrainte.


Avec le marché du carbone , les directives européennes sur les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique, l'Europe veut « décarboniser » le secteur de la production d'électricité etl'industrie. Sans forcément en avoir les moyens, le gouvernement veut alléger l'empreinte carbone des bâtiments et relancer le transport collectif.

Qu'en est-il au niveau du citoyen ? Ce même citoyen qui, depuis une décennie, place la question des changements climatiques en tête de ses préoccupations environnementales, comme le rappelle chaque année l'IRSN . Un citoyen qui, selon le Commissariat général au développement durable , voit ses émissions « personnelles » progresser,du fait de sa consommation.

Pour alléger son bilan carbonique, le citoyen consommateur, peut faire confiance au programme de Gestion et impact du changement climatique . Dirigée par Ghislain Dubois, une équipe de chercheurs a recruté une trentaine de familles, volontaires pour tenter l'expérience de la vie avec « moins de carbone ».

Réduire de 37 % ses émissions de GES

Dans un premier temps, les scientifiques ont réalisé le bilan carbone de chacune des familles. « Les gens ont été très surpris des résultats, indique Ghislain Dubois. Ils ne pensaient pas que consommer de la viande rouge ou prendre l'avion pouvait émettre autant de gaz à effet de serre . » Le point zéro étant connu, les « cobayes » se sont vu proposer un éventail d'actions possibles pour réduire leurs émissions.

Simuler leur mise en oeuvre a permis de montrer ce à quoi les Français sont prêts et les résultats de cette évolution. « L'enquête montre qu'au-delà d'une réduction moyenne de 37 %, il est imaginable d'atteindre une baisse de 50 % des émissions individuelles de gaz à effet de serre », s'enthousiasme Ghislain Dubois. Autre découverte : décarboniser la vie quotidienne ne coûte pas cher. Dans les ménages les plus aisés, l'investissement ne dépasse pas le montant d'un abonnement à la télévision par câble. Chez les plus modestes, la chasse au gaspillage carbonique est une source d'économie.


Des contraintes difficiles à accepter

Dans leur vie quotidienne, les Français sont prêts à manger moins de viande rouge, à devenir « local-vore consommer les aliments produits localement), à cesser d'acheter de l'eau en bouteille. Ils sont prêts à changer de chaudière, à réduire leurs achats d'équipements électroniques ou à se vêtir local. Beaucoup plus difficiles, en revanche, sont les changements d'habitudes de transport. On accepte de moins utiliser la voiture, mais pas de la laisser au garage. Pour la plupart des volontaires, pas question non plus de renoncer aux voyages aériens, surtout pour des destinations lointaines.

Encore combien de temps pourront nous refuser ?