Le covoiturage accélère sa percée en France, grâce aux covoiturages en entreprise

Boosté par la flambée du Pétrole, le covoiturage séduit toujours plus d'adeptes.

L'inflation des prix à la pompe, constatée depuis plusieurs semaines, oblige les automobilistes à redoubler d'attention avec leur budget carburant. Entre autres initiatives, le covoiturage se développe à vitesse accélérée. Covoiturage.fr , le site le plus utilisé dans l'Hexagone - il revendique plus de 90 % des annonces dans ce domaine -, prévoit même un pic historique ce mois-ci, avec des inscriptions en hausse de 23 % entre mars et avril 2012. Par rapport à la même époque l'année dernière, le nombre d'inscrits a quasiment doublé, passant de 1 à 1,8 million. «Pour le seul mois de mars, nous avons recensé 350.000 transportés, soit l'équivalent de 850 TGV pleins», indique Covoiturage.fr, qui vise les 5 millions de membres à l'horizon de 2015.

Sur la route, deux types de covoiturage coexistent: d'une part le trajet domicile-travail, de l'autre les plus longues distances. Covoiturage.fr a fait les comptes: «Sur un trajet de 20 kilomètres, deux conducteurs qui alternent la conduite chaque semaine réalisent en moyenne 2100 euros d'économie par an.» Sur un parcours plus long comme Paris-Lyon, «le gain est immédiat pour les automobilistes car les passagers prennent en charge les frais d'essence et de péage, c'est-à-dire 180 euros d'économie».

Quant à savoir si la voiture devient soudain beaucoup plus avantageuse que les autres moyens de transport, la comparaison est difficile car les tarifs du train ou de l'avion sont davantage sujets à fluctuations. «Mais dans le cas où l'on prend son billet SNCF la dernière semaine avant son départ, le covoiturage revient en moyenne trois fois moins cher», avance Covoiturage.fr.

Pour ceux qui hésitent à recourir au covoiturage, l'une des craintes consiste dans une éventuelle «mauvaise rencontre». La réponse de Covoiturage.fr est immédiate: «Nous ne présentons aucun risque car chacun de nos membres est soigneusement référencé, via une série de coordonnées exigées.»

Le baril sous pression

Le site est d'autant plus confiant dans son potentiel de développement qu'on ne présage guère de détente sur le front des prix du carburant . Durant la semaine achevée le 13 avril, les relevés des services administratifs ont montré un nouveau record pour le litre de SP 95, qui s'est élevé en moyenne à 1,6664 euro. Quant au gazole, il est lui aussi remonté, à 1,4362 euro. Le baril de brent de la mer du Nord oscille actuellement autour de 120 dollars, et aucun expert n'envisage de repli significatif durant les mois qui viennent. Au contraire, les facteurs de tensions géopolitiques n'ont jamais été aussi nombreux, à commencer par la crise déclenchée par le programme nucléaire iranien.