Les effets de l’huile de palme

L'implantation de palmeraies ne cesse d'augmenter et entraîne une déforestation importante, l'incroyable biodiversité des forêts d'Indonésie, du Nigéria ou de la Colombie cède la place à d'immenses zones de monocultures de palmiers à huile

L'huile de palme est l'huile la plus utilisée au monde (25%), dans l'agroalimentaire (80%), les cosmétiques (19%) et les agro-carburants (1%). Elle est cultivée principalement en Indonésie et Malaisie (85% de la production mondiale).

Issue de l'extraction de la pulpe des fruits du palmier à huile et originaire d'Afrique de l'Ouest, elle fait partie des ingrédients traditionnels des cuisines d'Afrique, d'Amérique du Sud ou d'Asie. Sa consommation est en forte croissance, la production devrait doubler d'ici 2020 (22,5 millions de tonnes en 2010 à 40 millions de tonnes en 2020).

Les qualités de l'huile de palme et son intérêt pour l'industrie agroalimentaire sont évidents. Son gout est neutre, elle se conserve particulièrement bien et reste stable à la cuisson et confère du moelleux aux aliments.

Ces propriétés lui valent d'être présente dans la composition de la moitié des aliments transformés (chips, soupes lyophilisées, pâtes à tartiner, biscuits, lait pour bébé, sardines en boîte, mayonnaise…).

Dans nos supermarchés, sur les étiquettes, l'huile de palme figure dans la composition des aliments sous la discrète et rassurante mention « huile végétale ».

Elle bénéficie d'un très bon rendement à l'hectare (dix fois plus élevé que celui du soja) et d'un très faible coût de production. Mais à quel prix ?

En effet, cette huile riche en acides gras saturés, a des effets nocifs sur la santé en entraînant des risques accrus de cholestérol, d'obésité et de maladies cardio-vasculaires.

L'implantation de palmeraies ne cesse d'augmenter et entraîne une déforestation importante. Peu à peu l'incroyable biodiversité des forêts d'Indonésie, du Nigéria ou de la Colombie cède la place à d'immenses zones de monocultures de palmiers à huile. Elle détruit donc l'écosystème terrestre, la biodiversité et provoque l'extinction de nombreuses espèces.

De plus, la déforestation liée à la culture de palmiers à huile, libère le CO2 emmagasiné depuis des siècles dans le sol et les nouvelles plantations absorbent moins de CO2 que les forêts . Ceci augmente les rejets de gaz à effet de serre .

Le développement de la culture des palmiers à huile peut apparaitre comme symbolique des rapports Nord-Sud dans le développement de l'économie mondialisée. Cherchant à se développer, les pays du Sud mettent à profit leurs conditions climatiques quand elles sont favorables, développent des modes d'agricultures intensives, sacrifient parfois leur environnement et une partie de leurs richesses naturelles pour augmenter la production… et mieux répondre à notre besoin effréné de consommer.

L'ombre des multinationales n'est jamais très loin. La question du développement durable est posée. L'inévitable affrontement idéologique fait l'actualité à propos d'une taxe sur la pâte à tartinée préférée de nos enfants. Le débat n'est pas clos. Il conduit à des questions imprévues et peut provoquer la recherche de solutions dans l'intérêt du plus grand nombre. Il réapparaîtra à propos d'autres productions agricoles.