Alerte du WWF sur l’extinction des animaux

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Le 30 octobre 2018, le WWF (le Fonds mondial pour la nature) a publié son 12e rapport biennal sur la biodiversité, intitulé « Planète vivante ». Les conclusions du rapport, basé sur des études scientifiques d’une cinquantaine d’experts et le suivi de 16 700 populations sur 4000 espèces, sont inquiétantes.
 
Le WWF conclut notamment que les populations de vertébrés sauvages- des mammifères, poissons, oiseaux, reptiles et amphibiens- ont décliné de 60% entre 1970 et 2014. Il y a seulement quatre ans, lors du 10e rapport, le pourcentage d’effondrement des effectifs a été reporté à 52% entre 1970 et 2010. En effet, le taux actuel d’extinction d’espèces est de 100 à 1 000 fois supérieur à celui d'il y a quelques siècles, ce qui constitue la 6e vague d’extinction de masse dans l’histoire de notre planète.
 
Alerte rouge dans les tropiques
 
Bien que ce déclin effrayant de la biodiversité soit un phénomène mondial, toutes les régions ne sont pas touchées de la même manière. Les régions les plus affectées se situent dans les tropiques- la zone Caraïbe/Amérique du Sud a perdu 89% des populations en 44 ans. Le taux pour l’Europe, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient est à 31%, et celui pour l’Amérique du Nord et le Groënland est à 23%.
 
La totalité des espèces menacée
 
Ce ne sont plus que les espèces emblématiques- les tigres, les éléphants ou les rhinocéros- qui sont en risque d’extinction. Le rapport souligne le risque élevé pour cinq grands groupes : les oiseaux (-92% depuis 1970), les mammifères (-60% depuis 1970), les amphibiens (-64% depuis 1970), les coraux et les cycadales. Les animaux d’eau douce, dont le taux de disparition de populations atteint 83%, dû surtout à la surexploitation et la perte des habitats, sont aussi mis en avant comme espèces extrêmement menacées.
 
2020, « un moment décisif dans l’histoire »
 
Le WWF fait un appel mondial à agir d’ici 2020, année pendant laquelle les États seront appelés à rehausser leurs engagements pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, et à assister à une conférence spéciale à Pékin au sujet de la protection de la nature. Cette conférence aura pour but « zéro perte nette de biodiversité en 2030 ». Le directeur général du WWF, Marco Lambertini, cherche ainsi à définir un objectif clair pour la biodiversité, l’équivalent de l’objectif 1,5°C du climat. Il fait appel à la finance verte, les énergies propres et renouvelables et un autre système agroalimentaire pour lancer cette mobilisation générale.