ECOLOGIE CHIMIQUE : KEZAKO ?

Biodiversité et chimiodiversité

L’écologie chimique, qui est apparue dans les années 60 (avec l’étude des phéromones sexuelles du papillon bombyx mûrier), est l'art de décrypter le langage chimique de notre environnement. L’écologie chimique, aussi appelée chimiodiversité opte pour une approche pluridisciplinaire (chimie, biologie, éthologie, génomique, etc.), les interactions entre les organismes entre eux et avec leur environnement, via des molécules complexes d’une grande diversité.

En effet une très grande majorité des espèces sur Terre, tous règne confondu (et l’Homme compris) communiquent, échanges par diverses molécules chimiquement différentes. Ceci permet différentes fonctions : déclencher la reproduction, l’alimentation, la défense, la migration, etc. Les signaux chimiques envoyés seront donc différents selon le message à faire passer. Un mode de communication élaboré et utilisé par tout le vivant !

Pour un peu plus de concret, donnons quelques exemples de messages chimiques que nous retrouvons dans nos écosystèmes. Les fleurs émettant des molécules olfactives pour attirer nombre d’insectes volants et ainsi assurer sa pollinisation et donc sa reproduction. Les  mêmes phéromones sexuelles sont essentielles dans la recherche du partenaire idéal, et ces composés sont utilisés par l’éléphante d’Asie comme de nombreuses espèces de papillons.

On peut citer également l’espèce d’Apis mellifera, fameuse abeille domestique produisant du miel, qui a et est toujours très étudiée et a donc pu révéler quelques-uns de ces mystères. Lors d’une attaque, les abeilles gardiennes émettent des phéromones incitatrices, ayant pour rôle de faire passer un message d’alerte pour généraliser une attaque. Citons également la reine, émettant des phéromones royales, qui va avoir pour effet direct de produire des léchages et antennations de la part des ouvrières. Dans le même temps, ces molécules vont avoir pour but de castrer chimiquement les ouvrières pour inhiber le développement de leurs ovaires.

Un dernier exemple concernant nos abeilles sociales, pourrait être les phéromones produites par les larves qui leur permettent d’être reconnues par les nourrices et en même temps de stimuler leurs glandes afin que celles-ci produisent la bouillie d’abeille (mélange de pollen et miel enrichi en enzymes).
 
Ainsi ce langage chimique, que les humains ne sont plus du tout habitués à percevoir, est aujourd’hui au cœur de tous les débats et ouvre grandement les champs de la recherche, encore trop peu exhaustive sur le sujet.