L’agroécologie nourrira l’Europe d’ici 2050

Agroécologie

Une étude de l'Institut du Développement Durable et des Relations Internationales (Iddri) envisage la possibilité d’une agriculture européenne durable, saine et sans pesticides dans un avenir proche. Une remise en cause du modèle agricole actuelle réduira les impacts sur le climat et la biodiversité, sans menacer la sécurité alimentaire du continent.
 
L’étude met en avant les défauts importants de nos régimes alimentaires actuels : trop calorifiques, trop sucrés, trop riches en protéines et déficitaires en fruits, légumes et fibres. En rééquilibrant le régime alimentaire européen vers les céréales, les féculents, les fruits et légumes et en l’éloignant de la viande, le poisson, les œufs et les produits laitiers, l’Europe sera capable de se nourrir par l’agroécologie en 2050. En outre, ce scénario prédit la diminution des émissions de gaz à effet de serre du secteur agroalimentaire de 40% ainsi que la reconquête de la biodiversité.
 
Malgré une réduction de 10 à 50% des rendements, ce modèle agricole satisfera les besoins alimentaires de 530 millions d’Européens. En plus, l’Europe continuera à exporter des produits agricoles, principalement des céréales, des produits laitiers et du vin, et réussira à réduire sa dépendance des importations telles que les tourteaux de soja. L'augmentation prévue des coûts de la main-d’œuvre devrait s'accompagner d'une baisse accrue des coûts d’autres intrants, entraînant ainsi une baisse de coûts globale pour les agriculteurs.
 
Afin de récolter les fruits de cette transition agroécologique, il faut abandonner les pesticides et engrais synthétiques, supprimer la production de biocarburants et tirer profit des systèmes agroécologiques, notamment la rotation des cultures, l’utilisation du fumier pour fertiliser les sols, la reterritorialisation des prairies naturelles et le développement de l'élevage extensif. Ce scénario s’appuie également sur une mobilité totale de la société ; il s’agit d’encourager la recherche, la créativité des opérateurs agricoles et l’implication des pouvoirs publics.
 
L’étude de l’Iddri prend pour horizon 2050 mais souligne la nécessité de prendre les bonnes décisions en termes de politique agricole dans les dix prochaines années et sans se retourner. En fait, l’étude arrive juste au moment où le projet de loi français sur l’agriculture et l’alimentation est sur la sellette. Il reste à voir si la loi, signée définitivement le 2 octobre 2018, est en deçà des mesures envisagées par l’Iddri.