AGRICULTURE BIOLOGIQUE : OÙ EN EST-ON ?

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Le Grenelle de l’Environnement ayant imposé d’introduire 20% de denrées issues de l’agriculture biologique dans la restauration collective d’ici à 2020, l’alimentation biologique n’est plus seulement destinée aux opposés de l’agriculture intensive, mais est bien devenue un mode de consommation à imposer.

En 2016, seuls 5,8% des surfaces agricoles alimentaires de la France sont converties et l’alimentation biologique ne représente que 3% de la consommation alimentaire, contre 7 à 8% chez nos voisins comme le Danemark ou la Suisse. Seulement la dynamique est lancée, et chaque année nous pouvons constater une hausse des consommations. Le marché biologique français pèse aujourd’hui 6,9 milliards d’euros, et cette dynamique est dopée par des problèmes sanitaires et des débats autour des OGM liés à l’agriculture non biologique et souvent répétés.

La clientèle, lasse de ces problèmes et surtout craintive, devient de plus en plus large et hétéroclite, tout le monde voulant manger plus sainement et de façon plus respectueuse pour l’environnement.

Attention cependant à ne pas rentrer dans une spirale infernale…

La France reste un fort importateur de produits bio malgré une autosuffisance en grandes cultures biologiques cette année. Mais alors se pose la question de la pertinence du biologique dans certains cas. En effet, hormis certaines matières exotiques inexploitées en France comme le café, le cacao, le riz, etc. comment expliquer l’importation de charcuterie ou de pommes biologiques, que nous sommes tout à fait capables de produire sur nos sols ? La réglementation bio. étant très stricte, il reste en effet très onéreux pour les agriculteurs classiques de tout convertir. Seulement la demande étant de plus en forte de l’autre côté, il y a bien quoi de faire pâlir ces travailleurs. Nous sommes donc confrontés à un dilemme, opposant la garantie de travail des agriculteurs français pour une production moins respectueuse de l’environnement, où la satisfaction de la demande du client en important des produits bio.

De plus, les grandes enseignes se lançant des filières bio. implique une demande massive et continue, dont les procédés de production peuvent ne pas être en accord avec une production biologique respectueuse des écosystèmes.

Le défaut du modèle agroalimentaire classique est de considérer que l’on peut toujours faire moins cher. Ce raisonnement ne peut être applicable à l’industrie biologique car il impliquerait de revoir certaines exigences à la baisse, et donc de retendre vers une alimentation classique.

Alors comment faire pour consommer plus raisonnablement ?

Certes il est préférable de manger bio, mais également et surtout local pour ne pas délaisser nos agriculteurs. « La ruche qui dit oui », est un bon moyen de consommer respectueusement pour la planète en soutenant la pérennité des agriculteurs.  Il ne faut pas manger bio. juste « parce que c’est bien », mais bien prendre en compte des facteurs plus globaux. Par exemple le soja, synonyme de  santé équilibrée pour bon nombre d’en nous, est loin d’être un modèle pour la planète. En effet la production entraine des déforestations massives en Amazonie, surtout depuis que la demande a explosé ces 5 dernières années. Restons donc vigilants dans nos choix de consommation !


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